Prince S'il fallait nommer l'artiste le plus difficile à suivre, Prince arriverait très certainement parmi les premières places du classement… et ce n'est pas son ex maison de disques, qui dira le contraire : En 1993, alors qu'il signe quelques mois auparavant un énorme contrat (le plus important de l'histoire du disque à l'époque : 100 millions de $), il décide de rompre avec la Warner qui ne lui permet pas de sortir autant d'albums qu'il le souhaite, ce qui entrave sa créativité. Il faudra désormais parler de " The artist formerly known as Prince *", ou encore de " Love Symbol* ", représenté par les signes féminin et masculin entrelacés. C'est que Prince travaille vite, et beaucoup. Il a son propre studio d'enregistrement, Paisley Park, et est capable d'enregistrer seul ses morceaux : il compose, écrit, arrange… et il n'a même pas besoin de convoquer des musiciens s'il lui prend l'envie d'enregistrer en plein milieu de la nuit puisque qu'il joue lui même d'au moins 23 instruments… Les seuls qu'il ne maîtrise pas sont les instruments à vents, et quelques instruments à cordes, mais ce n'est pas ce qui l'a empêché de continuer à réaliser ses morceaux de A à Z, et c'est même de ce " handicap " qu'est né le " Minneapolis Sound ", dernière grande tendance régionale américaine dans les années 80, au même titre que le son de Philadelphie, ou celui de Detroit que vous connaissez mieux. Le son de Minneapolis, c'est la fusion du rock, du funk et de la soul. Et c'est parce qu'il avait peu de moyens qu'il remplaça les cuivres, largement utilisés par les groupes funk de l'époque, par des claviers, qui donneront une connotation new wave aux morceaux Soul & Funk du kid* de Minneapolis. Il a certes un peu pris la grosse tête fut un temps, et ses frasques ne sont pas passées inaperçues, bien que ce ne soit pas la célébrité qui l'ai rendu si excentrique : à 20 ans déjà, il se produisait sur scène en bas résille, imperméable et bikini ! Difficile aussi de travailler avec lui : il souhaite garder un contrôle total sur ses œuvres, ce qui l'amène souvent à travailler seul, même si le nom d'un groupe apparaît sur la pochette d'un enregistrement, comme sur les premiers albums avec The Time, groupe qui l'accompagnera quand même sur scène, peut être le seul endroit où il ne peut se passer d'une équipe ! Quand il compose pour les autres, il va souvent jusqu'à enregistrer lui même la chanson afin que l'artiste n'ait plus qu'a chanter exactement comme lui et remplacer la voix de Prince par la sienne ! Son intransigeance le mène même à refaire complètement un morceau de Kate Bush (entre autres), qui lui avait juste demandé de rajouter un solo de guitare ! Et Joey Coco* a des idées aussi arrêtées sur son univers musical que sur son image. Chaque disque est en rapport à une ambiance spécifique en ce qui concerne les vêtements, la coiffure ou la moustache ( !), le tout décidé par lui et devant être impérativement suivi par ses musiciens… et ce n'est pas le seul effort que Jamie Starr* leur demande : il leur impose de longues heures de répétitions, et se comporte comme un tyran. Ce n'est en tout cas pas cela qui l'a freiné dans son ascension, et ses décisions et positions surprenantes ont même fait de lui un des artistes les plus riches de la planète, et aussi un des plus libres. Il a son propre studio d'enregistrement, il contrôle toute sa production, réalise ses clips, organise ses spectacles… Il utilise les maisons de disques pour assurer la partie commerciale, fabrication et logistique. Prince livre l'album clés en main, et verse un pourcentage sur les ventes à la maison de disques… il y a de quoi faire des jaloux ! En 1996, The Artist* sort Emancipation, un triple CD, 180 minutes de musique, 36 nouvelles chansons : enfin libre de sortir autant de titres qu'il le souhaite ! En 2001, il repris son premier pseudo, Prince, qui n'est autre que son deuxième prénom ! Un grand nombre de ses productions se sont transformées en succès. Qui n'a pas en tête la mélodie de Kiss ? Et même si les morceaux ne vous reviennent pas, il y a de grandes chances pour que vous ayez déjà entendu des notes composées par Prince, autant dans des titres grand public que dans la musique électronique. Si vous ne voyez pas de quoi je parle, procurez vous la compilation " the Hits, the B-sides ", sorti une première fois en 1993, et réédité cette année, et écoutez par exemple Controversy, kiss, Alphabet street, Erotic City, ou encore Raspberry beret, cela devrait vous parler. Si vous avez eu la chance d'assister à l'un des premiers live de Daft Punk, vous en avez aussi pris dans les oreilles. Prince fait partie du trio des artistes les plus samplés avec James Brown & Stevie Wonder. C'est d'ailleurs avec ce dernier que Prince revient sur le devant de la scène cette année, puisque Stevie Wonder l'a invité pour un solo de guitare sur le morceau " So What The Fuss " de son nouvel album (sortie prévue initialement le 2 mai, à ce jour repoussée au 13 juin !) PRINCE,POP IT ! *pseudos utilisés par Prince (de son vrai nom Rogers Prince Nelson) Plus d'infos : Caloun Square http://onenation.free.fr |