Dancemania
Non, ne vous inquiétez pas, je ne vous parlerai pas d'un label de dance immonde (quoique le nom puisse faire peur). Non, non, non, il s'agit plutôt d'un des plus vieux labels de Chicago, qui a imposé un style très particulier. Ghetto house, booty house, x-rated house, hardhouse, porn-house, acid house, appelons ça comme on voudra, ce label à su imposé discrètement son univers lo-fi crado un peu partout, de Relief à Pro-Jex, de DJ Assault à Detroit Grand Pubhas.

On est en 1985, à Chicago. La house originelle commence à pointer le bout de son nez. C'est cette année qu'un certain Ray Barney va créer le label. Les premières sorties sont l'œuvre de Marshall Jefferson, Lil'Louis, Jesse Saunders. Les premiers tubes arrivent très vite. On connaît bien sûr Lil'Louis (l'auteur de French Kiss) et son " Frequency ", le " 7 ways to jack " d'Hercules et " House Nation " des House Master Boyz. Bref tout ce qui a hystériser les clubs anglais et un certain Laurent Garnier.

En 88, à la 11ème sortie, un morceau crade et limite techno de Lil'Louis (The Original Video Clash) va connaître de nombreux avatars et sera repris par beaucoup (Mike Dunn, Dj Funk, Speedy J, V-Room entre autres). Se sera surtout le départ d'une house lo-fi, crade et dure qui accompagne le durcissement de la house via l'acid. Le style du label était déjà très percussif à la base, là il se durcit de plus en plus avec l'arrivée de l'acid-house.

Les choses s'aggravent en 90 avec des nouveaux venus, Robert Armani, Tim Harper et Dj Rush, qui signent quelques maxis qu'on s'arrache encore maintenant. Pendant que sortent encore des maxis de deep house, ces artistes propulsent une techno très dure, speed, minimale et acid.
Robert Armani influencera même les débuts du gabber hollandais. Armani Trax, Ambulance, Watch It, Frequency feront chacun un carton dans les raves européennes.

Arrivent ensuite les Dj Funk, Dj Deeon, Paul Johnson, Dj Milton, Wax Master Maurice et Dj Nehpets qui inventeront la hardhouse la plus crade et la plus obsédée : la booty-house ou ghetto house. Les bpms s'accélèrent, les vocaux sont orientés cul, bite, vagin, fellation et compagnie. L'esprit des ghettos black de Chicago suintent dans le vinyle, ça sent la testostérone jusqu'aux enceintes.

La qualité du son laisse parfois à désirer, certains maxis sont très mal pressés mais ça n'empêche pas le label de faire carton sur carton. Yo Mouf, Percolate This, Work That Body, Freaky Bitch, Ride This M.F, Big Booty Bitch, House O Matic, Shake It sont autant de classiques qui recyclent du sample à gogo sur des beats très secs et des vocaux hilarants. On ne se prend pas la tête avec des considérations intello chez Dance Mania. Tout est fait pour faire danser et provoquer toutes sortes d'excitations chez l'auditeur. D'autres labels s'y mettent aussi à Chicago : IHR, Funk Rec, Underground Construction, Relief, Bass Heavy Music, Ghetto Series.

Au début des années 2000, le label réédite bon nombre de ces titres dans plusieurs compilations.

De nos jours le label ne donne plus trop signe de vie mais ses artistes se retrouvent pour beaucoup chez Pro-Jex (le label de Charlie Hall) ou Juke Trax et continuent d'influencer leur voisins de Detroit (Dj Godfather et Dj Assault) qui mélangent ce son avec la Miami Bass et l'electro.