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Scratch Massive Artémix : Maud & Sébastien, une question traditionnelle du zine, y a t'il un sens derrière le choix de votre pseudonyme ? Scratch Massive : C'est une expression anglaise signifiant à peu près : "en folie" donc c'était une blague à la base... A : Pour ceux qui ne vous connaîtraient éventuellement pas, quels seraient, selon vous, les faits marquants de votre carrière électronique ou les rencontres artistiques ou humaines qui ont compté ? SM : Sans doute les sets de Laurent Garnier au Rex club à l'époque des soirées Wake up pour la découverte... et ensuite des tas de rencontres et de coups de cœurs musicaux qui ont orienté notre parcours (d'Olivier le Castor qui a signé notre 1er maxi, Cristian Vogel, Yarol Poupaud, Frank Arbaretaz, Camille Bazbaz ou encore Vitalic, etc... Tout ça dans des registres musicaux très différents, c'est clair ! A : Tout artiste, au sens large du terme, s'inspire souvent du travail des autres (Picasso s'inspirant par exemple d'œuvres tribales africaines pour une de ses sculptures...). Quels artistes vous ont influencés ? SM : Beaucoup, tout ce qu'on écoute depuis l'enfance fait partie de nos influences conscientes ou non. Quand je repense par exemple, adolescent, aux heures passés enfermés dans ma chambre à écouter et réécouter des titres en boucles... (Cindy Lauper, Bowie, the Cure, Joy Division, Stones Roses puis des k7 de techno, Aphex Twin, etc...). En gros, du rock, de la musique contemporaine, de la variété 80's, de la pop de Manchester, des musiques électroniques... C'est un gros mélange de tout ça qui fait nos influences aujourd'hui.
A : En 99 sont sortis vos premiers tracks. Qu'est-ce qui vous a amené à la production ? Pourquoi avoir fait le choix de monté votre label Chateaurouge ?SM : Je faisais du piano depuis pas mal d'années mais je trouvais ça plutôt ennuyeux. Seb était dj, il a acheté des machines alors on a commencé a composer ensemble. Nous avons signé les 1ers titres sur un label qui n'était pas le nôtre. 2 ans plus tard, nous avons eu envie de fonder noter propre label pour être totalement maîtres de nos choix... A : En 2003 , votre 1er album "Ennemy & Lover" est sorti, plutôt bien accueilli par les critiques. Qu'est-ce qui vous a poussé vers le format album ? SM : On a sorti 2 maxis vinyls et quelques remixes avant l'album. On composait des titres dance-floor donc tout allait bien mais nous avons eu rapidement envie de composer des chansons, et aussi des titres moins formatés. Le format album devenait donc nécessaire pour que ces titres puissent voir le jour... A : Parmi vos multiples collaborations & rencontres (FFF, Franck Arbaretaz, Camille Barbaz, Camille Dalmais… ) il y a un nom, Cristian Vogel ! (qui a apporté son aide à la production à votre premier album) Comment cela c'est passé et dans quelles conditions ? SM : On avait envie de faire appel a un producteur pour donner la dernière couche de vernie à nos titres. On aimait beaucoup le travail de Cristian Vogel, on n'osait à peine imaginer qu'il soit possible qu'il accepte de produire notre album. Lorsqu'il a joué à paris, nous sommes allés le voir pour lui passer notre maquette, 1 semaine après, nous avions une réponse positive de sa part.... il est donc venu passer 15 jours avec nous en studio à paris, expérience super enrichissante. A : Votre univers musical renvoie plutôt vers la scène de Manchester à la fin des 80's où le rock copulait avec la musique électronique ! Des rythmiques mordantes, des mélodies aériennes pour créer une énergie romantique et brutale… En dehors de l'étiquette "Electoclash" qui vous est attribuées ; n'avez vous pas l'impression de faire bouger la scène électronique qui n'en finissait pas de tourner en rond ? SM : C'est en tout cas bien vu pour les influences ! Cette époque musicale nous a beaucoup marquée. Après je ne sais pas si on fait ou non bouger la scène électronique, on a essayer d'apporter une ouverture d'esprit : l'utilisation d'instruments aussi, des structures plus proches des chansons (même si on fait aussi des titres dance floor) pour ouvrir les horizons musicaux électroniques. A : Votre compilation & mix au nom de votre soirée au Pulp "N.A.K.E.D." vient de sortir dans les bacs ! En dehors d'un très bon mix éclectique ; pourquoi avoir fait ce choix ?SM : Parce que nous avions envie de mettre sur support cd l'ambiance musicale de notre résidence au Pulp... c'est un club qui a un rôle essentiel dans les nouvelles musiques, qui a permis à toute une scène electro d'avoir son pied a terre... A : Vous avez croisé Karl Lagarfeld -qui vous a shootez avec une très belles séries de photos !- ; fait la musique d'une pub pour Air France réalisé par le cinéaste Michel Gondry, mais aussi celle d'une pub de Channel, etc ! De telles rencontres vous ont-elles emmenez vers d'autres univers ou aller vers des idées nouvelles ? SM : Oui, c'est toujours important de se confronter à la réalité, à d'autres univers, et bosser sur de l'image est vraiment super intéressant. et puis ce sont des univers visuels dans lesquels on se retrouvait. Par exemple, le graphiste qui a fait la pub pour Chanel est un graphiste avec qui on travaille souvent, qui a fait quelques unes de nos pochettes de disques, donc l'osmose était assez évidente sur nos attentes communes... A : On remarque aussi que les vidéos et clips sur votre site internet (http://www.scratch-massive.com) va vers l'exigence ; une certaine recherche artistique et une volonté de faire aller les gens vers le haut ! Vous avez fait des cinémix (une date est prévue au Chabada le 26/01/2006 ! ) ; quel est votre rapport avec l'image, vos désirs vos attentes et vos projets envers ce format ? SM : Seb et moi avons tous les 2 faits des études de cinéma donc c'est vraiment un domaine qu'on adore. Le cinémix (habiller en son des films muets) est un boulot vraiment intense. Forcément car il n'y a pas de dialogues, aucun son sur ces films. La musique est donc présente non-stop en accompagnement de l'image, c'est un gros boulot. On a aussi un projet de BO sur un long métrage actuel, nous verrons bien le temps qu'il voit le jour. A : Que pensez vous de la scène française en général ? SM : De très bonnes choses (Jackson, Blackstrobe...) et de moins bonnes, forcément...
A : Je suis allé à une soirée sur Nantes avec Miss Kittin et Swayzak, organisée dans un lieu (l'Onyx) conçu par Myrto Vitart à l'architecture moderne et très minimaliste. On se souvient aussi des premières éditions d'Astropolis au manoir de Keriolet, au style gothique. Quels sont les endroits qui vous ont marqués ? Quel lieu vous attirerait par son architecture pour y jouer ?SM : Comme on vient de l'Ouest de la France, on a du être marqué par les mêmes festivals que toi ! Dans des champs, dans des châteaux, dans des dunes... Là, on revient tout juste de jouer à Beyrouth et les organisateurs nous ont emmenés à Baal Eck, c'est un village dans les montagnes libanaises où se trouve un énorme temple romain à moitié détruit, c'est vraiment magique... Lorsqu'on leur a dit : " ouah!... ce serait incroyable si une soirée avait lieu dans ces temples en ruine ! ", ils nous ont appris que tous les ans avait lieu un festival, que l'été dernier il y avait eu un concert mémorable de Massive Attack au couché du soleil, j'en avais la chair de poule... J'adorerais jouer dans ce lieu magique... A : Que pensez vous des changements qui s'opèrent actuellement au sein de la musique électronique ; starification des dj's, popularisation de la Techno (Clips sur MTV...), etc. , bref une bonne exploration du concept "la société du spectacle" de Guy Debord ? SM : Dur d'en parler en 2 secondes ça mérite une grosse discussion... cela fait quelques temps déjà que cette starification et popularisation est en marche dans la musique électronique. Le bon côté, c'est que ça a permis à cette musique d'être acceptée par la société sans devoir se défendre en permanence d'être juste une "musique de drogués" ou du "boum boum", toutes ces supers remarques qu'on a entendu pendant des années. Le revers de la médaille c'est bien sur la récupération à une vitesse folle de cette musique, de ces codes par les gros médias et les marques.... A : Question technique qui plaira aux fanatiques du home studio : quel matos utilisez vous ? Plutôt hardware, software ou un mélange des deux ? SM : Aujourd'hui nous utilisons beaucoup moins les outils analogues et vintages qu'avant. La plupart de ces instruments ont été remplacé par d'excellents softwares qui font que l'ordinateur contient maintenant l'essentiel de nos outils. A : Si vous deviez quitter la Terre, vous enfuir dans l'espace, quels seraient les 5 disques que vous emporteriez pour les faire écouter à d'autres formes vivantes ? SM : Si c'était maintenant tout de suite, j'emmène Ada le titre Blondix 2 remixé par Michael Mayer pour pleurer dans mon vaisseau en regardant la terre s'éloigner, le 1er album des Cure, Aphew Twin en dvd pour regarder en même temps les clips de Chris Cunningham, l'album Stone Roses des Stones Roses et notre dernier maxi "girskl on top" pour faire écouter aux martiens. |